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Du territoire au lieu

1. Observer le paysage et la culture de la construction locale
L’histoire de la construction montre que les bâtisseurs et les bâtisseuses ont toujours su tirer parti des ressources locales disponibles afin de faire évoluer l’architecture. Les constructions s'adaptent pour répondre aux besoins des habitant·es qui tiennent compte des contraintes climatiques, sociales et économiques.
Partout dans le monde, les sociétés ont développé des cultures constructives spécifiques qui donnent lieu à des architectures vernaculaires (voir glossaire), répondant à un contexte précis et correspondant à des modes de construction et d’habiter singuliers.
Afin d’assurer un continuum dans le paysage, et d'insérer une nouvelle construction, il est intéressant d’apprendre à repérer les systèmes et éléments constructifs (voir glossaire), environnants dont l’efficacité a été éprouvée au cours des siècles.
Par ailleurs, s’intéresser à l’architecture vernaculaire est un excellent moyen d’intégration locale de votre projet, il démontre la volonté de vouloir être accueilli·e sur le territoire et évite bien souvent des oppositions.
2. Identifier les typologies d’habitats vernaculaires existantes sur le territoire

Quand on évoque les typologies d’habitats, de quoi parle-t-on exactement ?
Une typologie d’habitat est un ensemble d’habitats qui répond à une logique de construction qui lui est propre et qui dépend de différents facteurs comme le climat, l’activité dominante, l’organisation de la vie sociale, les matériaux et les savoir-faire propres à une époque et une région donnée (par exemple les longères bretonnes, les maisons à colombages, les fermes jurassiennes, les mas de provence... ).
Au fil du temps, ces constructions ont participé à l’identité des territoires, il est donc important d’en tenir compte lors de la définition et la conception de son habitat afin de ne pas créer de rupture dans le paysage.
Comment repérer les représentations constructives locales et les intégrer dans la définition et le programme d’un projet ?
Dans un premier temps, baladons-nous et notons ou prenons en photo les éléments et systèmes constructifs qui se retrouvent dans les constructions environnantes : observons la nature des toits, les matériaux utilisés, le détail architectural, les orientations, formes et couleurs des bâtiments, des fenêtres, des volets…
Prenons le temps de nous présenter au voisinage et d’interroger sur l'architecture vernaculaire, de nous renseigner auprès des habitants, des constructeurs, des élus, de montrer notre intérêt pour ce sujet. Ils nous transmettront volontiers l'histoire de ces éléments constructifs.
👉 Pour aller plus loin : de nombreux ouvrages existent également sur les typologies régionales de construction, par exemple La Maison Paysanne de France
Des interlocuteurs sont à votre écoute :
Intégrer ces représentations constructives dans la définition et le programme du projet est une manière de marier l’architecture vernaculaire à une architecture contemporaine soucieuse des enjeux écologiques, économiques et sociaux actuels.
👉 Pour aller plus loin : de nombreux ouvrages existent également sur les typologies régionales de construction, par exemple La Maison Paysanne de France
Des interlocuteurs sont à votre écoute :
Le CAUE
Une fois les différents éléments intégrés, nous pourrons prendre contact avec le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) du département pour échanger et demander conseil sur le projet en présentant notre démarche et le soin que nous portons à son intégration dans le territoire. Les architectes conseils du CAUE vous orienteront dans les choix de conception, et organisent des événements de sensibilisation au patrimoine bâti et paysager.Les architectes des bâtiments de France (ABF)
Si votre projet se situe dans le périmètre d'un monument historique (servitude d'utilité publique), vos documents d'urbanismes (permis de construire, déclarations préalable de travaux, permis d'aménager) seront soumis à l'avis de l'architecte des bâtiments de France. Pour savoir si une servitude existe sur son terrain, consulter L'atlas des patrimoines.Intégrer ces représentations constructives dans la définition et le programme du projet est une manière de marier l’architecture vernaculaire à une architecture contemporaine soucieuse des enjeux écologiques, économiques et sociaux actuels.
3. Prendre en compte les ressources locales (matériaux, humaines, …)
Au fil du temps, ces constructions ont participé à l’identité du territoire. Il est donc important d’en tenir compte lors de la définition et la conception de son habitat, afin d'être dans la continuité des formes de bâti et des matières utilisées.
Notons que, plus généralement, le choix des ressources locales participe à des stratégies d'économie circulaire visant à réinscrire la filière de la construction au sein des limites des territoires et des écosystèmes. C’est aussi pour nous l’occasion d’établir un premier contact avec les artisans, les entreprises, les associations et producteurs locaux et de les engager moralement sur le projet. Leur connaissance du territoire apportera de précieuses informations, des avis et conseils expérimentés.
Par exemple :
- pour connaître la nature des sols du pays, mais aussi obtenir de la terre argileuse et des pierres, nous pouvons nous rapprocher des entreprises de terrassement et des piscinistes ;
- notre isolant peut être fourni par les agriculteurs voisins, qu’il s’agisse de paille de blé, de balles de riz, de lin, chanvre ou de laine de mouton ;
- le bois nécessaire peut être fourni par les scieries locales ;
- l'argile, la pierre concassé peut provenir des carrières.
Les matériaux de récupération et de réemploi
Certains matériaux de construction, retirés des ouvrages lors de leur démolition ou leur réhabilitation, sont voués à la destruction ou à l’enfouissement, ils peuvent donc être réutilisés.
Ces ressources, telles que les poutres, les planchers, les matériaux de recouvrement, les menuiseries, les fournitures de plomberie et d’électricité ... peuvent être obtenus à partir de différents réseaux :
- De la déconstruction d’un bâtiment existant sur le site ou sur un site voisin. C'est sans doute la meilleure façon d’obtenir des produits de récupération, en particulier si un inventaire des matériaux est réalisé avant la conception du nouveau bâtiment. De plus, obtenir des matériaux à partir d’une source unique à proximité du chantier permet d’avoir une certaine cohérence et le contrôle sur la qualité des matériaux.
- De la vente ou du don de produits par les entreprises du bâtiment. Par exemple, les entreprises d’installation de menuiseries seraient en mesure de fournir portes, fenêtres et leur quincaillerie afférente.
- De fournisseurs de produits de récupération. C’est a priori la pratique la plus logique et qui sera amenée à se développer.
- De la vente en ligne sur internet ou par des petites annonces.
Pour aller plus loin
Des ressources utiles à visiter :
⚙️L'atlas des patrimoines
⚙️Matériaux réemploi
⚙️Réseau des Ressourceries
⚙️La maison zéro déchets par Zero waste France
⚙️L'atlas des patrimoines
⚙️Matériaux réemploi
⚙️Réseau des Ressourceries
⚙️La maison zéro déchets par Zero waste France
Nous pouvons anticiper la phase d'approvisionnement et emmagasiner certains matériaux si nous commençons suffisamment tôt à veiller sur ces différents réseaux. La conception de notre habitat est ainsi susceptible d’être influencée par de nombreuses opportunités de fourniture.
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